Portrait


CHRISTIAN DE PORTZAMPARC

Né à Casablanca en 1944, Christian de Portzamparc est architecte et urbaniste, diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1969. Il crée son agence, l’Atelier Christian de Portzamparc, en 1980.

En 2010, les agences d’Elizabeth de Portzamparc et de Christian de Portzamparc mutualisent leurs moyens, chaque concepteur gardant son équipe et sa spécificité. Basés à Paris, en France, ils construisent dans le monde entier, entourés d’une équipe fidèle de plus de 100 personnes, travaillant avec des partenaires sur une grande variété de projets ambitieux de dimension internationale.

L’ATELIER

L’Atelier Christian de Portzamparc se concentre sur toutes les échelles de la construction et sur une grande variété de programmes. Chaque projet est un nouveau défi de recherche et d’expérimentation, des dessins de conception aux solutions techniques de constructions.

L’Atelier peut être également défini comme un « laboratoire urbain » ; basé sur une profonde analyse urbanistique et structurelle, développée par Christian de Portzamparc depuis les années 70 par le biais de projets manifestes, de concours et d’études, qui l’ont conduit à une évolution des méthodes, permettant une multitude d’applications pratiques à ses recherches théoriques et principales analyses.

Dans sa vision renouvelée de la structure urbaine, qu’il a nommé l’“îlot ouvert“, son travail se concentre sur la recherche dans l’urbanisme et se porte sur la qualité des espaces de vie collective et individuelle.

De bâtiments singuliers à l’urbanisme repensé, la ville est en effet un des sujets fondateurs de son travail, qui parallèlement se développe autour de trois thèmes majeurs : les bâtiments qui rassemblent le public comme les lieux de culture, de musique ou les institutions, les bâtiments repères comme les tours, et les morceaux de ville et les quartiers, depuis l’îlot à l’évolution des métropoles dans le cadre du Grand Paris par exemple.

DES BÂTIMENTS SYMBOLES

Des bâtiments symboles deviennent souvent des points de référence urbains, symboles qui rassemblent, créant les indispensables repères dans l’immense paysage urbain des métropoles.

A travers ces grands bâtiments singuliers, points de repère, pôles d’attraction dans la ville, les espaces intérieurs et extérieurs s’interpénètrent comme à la Cidade das Arte à Rio. Achevée en 2013, elle est une salle de concert unique dans le monde qui peut être transformée en une salle d’opéra. Elle abrite un théâtre, une salle de musique de chambre et de musique populaire, des salles de répétition, des espaces d’exposition, des cinémas et des restaurants.

Christian de Portzamparc a une vrai passion pour la musique, qui lui fit participer depuis les années quatre-vingt à une série de concours concernant la musique et la danse, comme l’École de Danse de l’Opéra de Paris à Nanterre, France, (lauréat du prix de l’Equerre d’Argent 1988), la Cité de la Musique à Paris, France (lauréat du prix de l’Equerre d’Argent 1995), la Philharmonie de Luxembourg (International Architecture Award 2008 décerné par The Chicago Athenaeum Museum) ou la Cidade das Artes à Rio de Janeiro, Brésil (International Architecture Award 2008 décerné par The Chicago Athenaeum Museum ; “Grand Prix AFEX 2014 de l’architecture française dans le monde“, décerné par l’association des Architectes Français à l’Export pour la qualité de ce bâtiment de béton qui est tout à la fois un hommage à l’architecture brésilienne et une création cohérente avec l’œuvre de Christian de Portzamparc).

Le concours international qui eut lieu en juillet 2009 pour le Grand Théâtre de Casablanca vit des projets de Zaha Hadid, Franck O. Gerhy, Rem Koolhaas et Aziz Lazrak. Le site était un casse-tête. Le projet de Christian de Portzamparc apporte de la vie sur cette vaste place institutionnelle. Ce projet lauréat – une grande salle de 1 800 places permettant des concerts acoustiques, du théâtre classique et des représentations diverses de spectacles amplifiés – apparaît constitué de plusieurs pavillons, comme une médina dans la ville.

 

En 2011, Bernard Arnault confie à Christian de Portzamparc la conception d’un flagship au cœur de l’élégant quartier de Cheongdam-dong, sur l’avenue Apgujeong à Séoul pour la marque Dior. Inspiré des créations de haute couture de cette maison, l’édifice est un manifeste avec ses lignes blanches qui ondulent vers le ciel dans une subtile dissymétrie, évocation de la toile, genèse de toutes pièces de haute couture couture (International Architecture Award 2016 for the best new global design décerné par The Chicago Athenaeum Museum).

Inauguré en Octobre 2017, l’“U Arena“ est un stade “indoor” et le terrain de l’équipe de rugby “Racing-Metro 92”, dans le département des Hauts-de-Seine. Légende du sport français depuis 1882, le club a été repris en 2006 par son actuel président Jacky Lorenzetti. Le stade est également utilisé comme un grand espace de performance pouvant accueillir 10 000 à 40 000 personnes. C’est la plus grande installation polyvalente intérieure avec une capacité variable en France. Situé dans la ville de Nanterre, à proximité de la “Grande Arche” à La Défense, ce projet rentre dans le cadre de l’“opération Seine-Arche d’intérêt national“ – le statut accordé par l’Etat aux projets territoriaux qui sont alignés avec les autorités nationales stratégies et objectifs.

En 2013, Christian de Portzamparc remporte le concours pour la conception du centre culturel de la ville de Suzhou en Chine. Il prend place dans une série de projets emblématiques engagés par la ville à travers le Wujiang Lakefront Masterplan. En figure de proue de ce tout nouveau quartier, la ville met en œuvre un site exceptionnel de plus de 100 000 m² situé à la rencontre de l’un des plus beaux lacs de Chine et du grand axe urbain issu de la nouvelle ville.

LES QUARTIERS ET LA VILLE

Les quartiers et la ville sont un thème majeur de la contribution pratique et intellectuelle de Christian de Portzamparc dans le débat architectural actuel.

La reconnaissance de l’importance centrale du contexte humain infiniment subtil, auquel les conditions locales sont « le blé à son moulin », ses interventions opèrent à différents niveaux, tant en qualité d’architecte dans le sens puriste du terme qu’en tant qu’urbaniste.

LES TOURS

De la ville à l’objet, Christian de Portzamparc travaille sur les tours depuis son premier projet, en 1974 : un château d’eau couvert de végétation, conçu pour une ville nouvelle, Marne-la-Vallée, France, un point de repère poétique ; en 1991, sa sculpturale Tour de Lille, un objet singulier construit sur une gare dans le quartier “Euralille“ de Rem Koolhaas (achevée en 1995).

Les tours créées par Christian de Portzamparc sont le fruit de ses recherches sur la verticalité et la dimension sculpturale, cristallisé autour des caractéristiques de formes prismatiques.

L’exemple le plus largement reconnu est celui de la tour LVMH à New York, Etats-Unis (terminée 1999) (Business Week & Architectural Record 2006 Award), suivie par la compétition pour la tour Hearst en 2000, bientôt accompagnée par la tour résidentielle Prism sur 400 Park Avenue à Manhattan, New York, Etats-Unis, approuvé par le City Planning en 2004, qui fut inaugurée fin mai 2015. Et achevée en 2014, avec ses trois cents mètres de haut, la tour One57 à New York accueille un hôtel de luxe qui occupe les vingt premiers étages ainsi que cent-trente super-luxueux appartements en copropriété, dont certains offrent des vues imprenables sur Central Park et le “skyline“ de la ville.
Et actuellement à l’étude, deux tours à Paris-La Défense comprenant des bureaux et un complexe hôtelier, les tours Sisters, dont la livraison est prévue en 2022.

Le siège de la banque Société Générale, la Tour Granite (achevé en 2008), dans le quartier de Paris-La Défense, avec 180 mètres de haut, est le premier bâtiment de grande hauteur certifié développement durable en France (Label H.Q.E., équivalent français de la certification LEED en Amérique du Nord).

 

 

En 1994, Christian de Portzamparc est le premier architecte français à avoir obtenu la plus haute distinction en architecture, l’équivalent du prix Nobel, le Pritzker Prize, à l’âge de cinquante ans. Il est également Commandeur des Arts et des Lettres, Officier de l’Ordre du Mérite, Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur, Grand Prix d’Architecture de la Ville de Paris 1990, Médaille d’Argent 1992, Grand Prix National d’Architecture 1992, et Membre d’Honneur de l’American Institute of Architects (AIA). Le Grand Prix de l’urbanisme lui est décerné en 2004. En 2006, le Collège de France crée en 53e chaire dédiée à la « création artistique », Christian de Portzamparc en a été le premier titulaire.